Entre encouragement et inquiétude au sujet des forêts européennes
D’après le rapport « État des forêts d’Europe 2011 » publié lors de la 6e Conférence ministérielle pour la protection des forêts en Europe, la superficie des forêts du vieux continent croit depuis quelques années. Alors que de nombreuses forêts tropicales continuent de subir le phénomène de déforestation massive, l’Europe disposerait ainsi d’un milliard d’hectares de forêt. Ce chiffre représente le quart de la surface forestière mondiale au regard des 4 milliards d’hectares de forêts dans le monde. Le rapport fait notamment état d’une augmentation annuelle de 800 000 hectares des surfaces forestières européennes depuis une vingtaine d’années. Par ailleurs, pas moins de 870 millions de tonnes de CO2 auraient été absorbées chaque année entre 2005 et 2010.
Pour les auteurs du rapport « État des forêts d’Europe 2011 », la progression de la superficie des forêts du continent européen a un impact favorable dans la lutte contre le changement climatique. En cours de ces dernières années, environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre des pays européens ont été capturés par les végétaux chlorophylliens de la flore du vieux continent. Mais si la surface des forêts européennes croit au fil des années, les experts du PNUE, Programme des Nations Unies pour l’environnement, observent en parallèle la progression d’un phénomène inquiétant qui nuit à la conservation de la biodiversité. Il s’agit du morcellement croissant des superficies forestières d’Europe qui affecte principalement le centre de l’Europe, la partie nord de la méditerranée et l’Espagne.
La situation des forêts dans le monde reste inquiétante
Selon le PNUE, le phénomène de fragmentation dont souffrent les forêts d’Europe serait le résultat de plusieurs causes qui vont de l’abattage des arbres à l’urbanisation croissante, en passant par les incendies et les conversions des terres à l’agriculture. Ces différents facteurs entrainent l’atomisation des surfaces forestières qui deviennent alors plus fragiles et plus vulnérables aux bouleversements climatiques. De plus, les parcelles de forêts formées sont de moins en moins adaptées à la vie de la faune parce que les espaces alloués aux espèces animales se réduisent progressivement. C’est la raison pour laquelle le PNUE recommande fortement de multiplier les « connexions » entre les parcelles isolées en créant ce que les experts appellent des « corridors verts ».
Ainsi, chacun affirme que la situation des forêts demeure préoccupante, que ce soit en Europe ou dans le reste du monde. Même si l’Asie et les Caraïbes ont également enregistré une croissance de leurs superficies forestières au cours des 20 dernières années et que la diminution annuelle des forêts est globalement passée de 8 à 5 millions d’hectares dans le monde depuis 1990. Dans son rapport intitulé « Les forêts dans une économie verte : une synthèse », l’ONU estime qu’un investissement additionnel et annuel de 27,3 milliards d’euros suffirait à réduire de moitié le phénomène de déforestation d’ici 2030. Un investissement qui de surcroit génèrerait environ 30 millions d’emplois supplémentaires afin de lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Le rapport onusien parle même d’une augmentation du nombre d’arbres plantés de l’ordre de 140 % d’ici 2050.
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