Des paysans protestent contre Monsanto et le président haïtien
A l’initiative du Mouvman Peyizan Papay (MPP) mené par Jean-Baptiste Chavannes, entre 8000 et 12.000 paysans ont manifesté dans le centre du pays pour dénoncer le don de 475 tonnes de semences hybrides octroyé par le géant de l’OGM américain Monsanto. Vêtus de chemises rouges et de chapeaux de paille, les paysans se sont regroupés à Hinche pour manifester leur colère à l’encontre du président haïtien René Préval et réclamer le départ de la multinationale américaine. Les paysans haïtiens considèrent en effet que le geste de Monsanto n’est pas désintéressé et qu’il s’agit véritablement d’un cadeau empoisonné. C’est le Père Jean-Yves Urfié, chimiste implanté en Haïti depuis 40 ans, qui a dénoncé pour la première fois le don de semences Monsanto qui présente des risques pour les variétés locales.
Préserver l’intégrité des variétés locales
Bien qu’étant hybrides et non génétiquement modifiées, les semences de maïs distribuées par Monsanto en Haïti nécessitent l’utilisation d’une plus grande quantité d’herbicides et d’engrais par rapport aux variétés locales. Ces semences ne permettent pas d’obtenir de futures générations de plants productifs et les paysans qui les utilisent se verront obliger d’acheter de nouveaux lots de semences auprès de la multinationale s’ils désirent préserver leur productivité (semences F1). C’est dans le cadre du programme Winner, supervisé par l’agence américaine USAID, que la vente à prix réduit des semences devait être entrepris. Les paysans haïtiens accusent Monsanto de profiter du désastre provoqué par le séisme pour s’implanter dans le pays.
Les semences hybrides, un désavantage majeur pour le paysan pauvre
Les semences hybrides dénoncées par les paysans Haïtiens, ou encore semences F1, permettent d’obtenir une plus grande production à la récolte par rapport aux variétés de maïs locales. En effet, les semences sont issues du croisement de deux races pures afin d’en acquérir les qualités respectives. Si les avantages sont probants à la première récolte, il est impossible d’utiliser la deuxième génération de graines comme semences puisque les qualités inhérentes aux semences F1 se perdent. Il est donc nécessaire de racheter de nouvelles semences de type F1. La culture exige par ailleurs beaucoup d’engrais et de pesticides. Le revenu moyen d’un paysan haïtien ne permet pourtant pas l’achat d’intrants, et il sera au final pénalisé.
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