L’Etat français reconnaît ses torts.
Par le biais de sa secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno, le ministère français de l’écologie a reconnu sa responsabilité face au problème de l’algue verte en Bretagne. La secrétaire a annoncé mardi 3 novembre dernier que l’Etat retirait son appel du jugement du tribunal administratif du 25 octobre 2007. Chantal Jouanno précise qu’il faut maintenant se tourner vers l’avenir, et que désormais, cette affaire appartient au passé. Par ailleurs, l’Etat français a déjà fait des efforts pour contrer la prolifération des algues vertes a-t-elle annoncé sur France 2. Les nitrates ont baissé de 18 % depuis 10 ans. Selon elle, il n’est pas question de culpabiliser les agriculteurs, les autorités se penchent déjà sur une alternative aux pratiques agricoles actuelles.
Pour certains, la responsabilité de l’Etat est déjà engagée et il ne peut s’en défaire. Sébastien Dagommier pointe du doigt les fautes que l’Etat français a commises. Il cite entre autre le manque de réactivité de ce dernier dans l’application de la directive européenne de 1975 concernant la protection de l’eau. C’est seulement depuis quelques années que les autorités s’intéressent réellement à cette directive. Sébastien Dagommier réclame qu’un préjudice moral plus sévère soit prononcé contre le principal responsable. Ce serait une suite favorable aux plaintes qui ont déclenché l’affaire : 300 plaintes ont été déposées en septembre contre le préfet des Côtes d’Armor.
La problématique de l’algue verte sur la côte bretonne.
La Bretagne connaît depuis quelques années des problèmes de prolifération des algues vertes sur son littoral. L’élevage porcin qui se développe dans cette partie de la France fait que le taux de nitrates dans ses eaux augmente, provoquant le fléau des algues vertes sur les plages. Quand les 50 000 à 70 000 tonnes d’algues, appelées aussi laitues de mer pourrissent, elles deviennent très toxiques et sont dangereuses pour les animaux et pour l’homme. D’ailleurs, en juillet dernier, un cheval a été empoisonné par les algues et son cavalier a été victime d’un malaise grave. Par contre, si elle ne pourrit pas, la laitue de mer est comestible, elle est utile à l’aquaculture et peut produire du bioéthanol. Si on la composte ou la méthanise, elle peut servir d’engrais…
Afin de l’exploiter positivement, les fonds nécessaires sont cependant énormes. Le Ceva ou Centre d’étude et de valorisation des algues étudie déjà les diverses pistes permettant de récupérer ces algues et de les transformer. Il se penche déjà sur la faisabilité de transformer les algues en papier ou en carton. Il serait par exemple possible de produire des pots horticoles biodégradables composés d’algues et de lin. Mais cette piste ne représente que le recyclage de 20% des algues en Bretagne. La meilleure solution serait la récupération des laitues de mer pour les transformer en méthane. Il faudrait alors débourser 6 milliards d’euros par 50 tonnes d’algues par jour.
Le magazine bio











Salon Vivre Nature Toulouse 2012