Le nucléaire dans le monde
La totalité des 440 réacteurs nucléaires dans le monde est détenue par 32 pays. Parmi ces derniers, six seulement produisent plus de ¾ de l’énergie nucléaire mondiale, dont les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Japon, la Corée du Sud et la Russie. D’après Le livre vert de la Commission européenne, une grande partie de l’opinion publique croit que le nucléaire constitue la solution du futur contre le réchauffement climatique et pour les besoins croissants en énergie. S’appuyant sur ce soutien, certains pays asiatiques et sud-américains projettent de se doter de nouveaux réacteurs nucléaires et d’étendre ainsi le parc déjà en leur disposition. De nombreuses personnes commencent toutefois à douter de la réelle fiabilité de l’atome dans le futur, notamment en évoquant la sûreté des réacteurs nucléaires. Les catastrophes meurtrières de Tchernobyl et récemment les fuites radioactives des installations de Fukushima au Japon sont à l’origine de ces inquiétudes. Au regard de ces dangers, l’Allemagne a décidé de fermer l’ensemble de ses 17 réacteurs de fission au plus tard en 2022.
Abandon du nucléaire par l’Allemagne, une décision radicale
Cette grande décision du gouvernement allemand a été communiquée après la réunion du conseil des ministres le 6 juin dernier. L’annonce a été faite officiellement par le ministre de l’Environnement Norbert Röttgen, suite à la décision commune du gouvernement de coalition d’Angela Merkel. Par la même occasion, le responsable allemand a dévoilé les détails de cet abandon du nucléaire. Le programme prévoit notamment d’arrêter la production d’électricité d’une grande partie des 17 réacteurs encore en activité d’ici la fin de 2021. Une tâche déjà assez aisée puisque 8 de ces installations ne sont plus actuellement connectées au réseau électrique du pays. Plus encore, l’Allemagne n’envisage plus de rouvrir ces sites. Hormis ces 8 réacteurs fissiles, le pays de Goethe dispose encore de 9 installations restantes, dont 3 réacteurs de 3e génération. Seules ces 3 dernières installations seront assurées d’être connectées au réseau d’alimentation allemand jusqu’en 2022.
L’Allemagne sans le nucléaire : quelles solutions de rechange ?
Parallèlement au processus d’abandon du nucléaire, l’Allemagne accélère les recherches et le développement de nouvelles sources d’énergie capables de combler le vide laissé par l’atome. Les 17 réacteurs qui seront fermés assurent effectivement la fourniture de 22 % de l’électricité en Allemagne. La chancelière allemande reste cependant confiante quant à cette décision, d’autant plus que la majorité des Allemands se disent prêts à se conformer à ce changement. Le lobby du nucléaire que pourraient entreprendre les firmes de l’atome reste un obstacle à ce changement. Malgré ces pressions, M. Norbert Röttgen confirme que cette décision est déjà « irréversible », ce qui exclue tout retour en arrière du gouvernement fédéral allemand. Reste à savoir si cette fermeté allemande suffit à inciter les autres pays nucléaires à en faire de même pour leurs réacteurs. Hormis l’Allemagne, 4 autres pays – Autriche, Belgique, Suisse, Italie — ont effectivement envisagé la sortie du nucléaire, et le débat commence à faire rage au Japon.
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