Le label bio jalousé par les enseignes classiques de cosmétiques
Le bio ayant le vent en poupe, depuis 2000, les produits cosmétiques bio ont affiché des taux de croissance de vente constant et durable. Le succès des produits cosmétiques bio a quelque peu perturbé les perspectives des fabricants de produits de beauté classiques qui ont eu fort à faire avec l’avènement de cette nouvelle concurrence. Voyons quelle stratégie les enseignes de produits cosmétiques classiques ont mise en oeuvre pour faire face aux producteurs de cosmétiques bio.
Comme dans tous les secteurs économiques, lorsqu’un concurrent se fait menaçant, la stratégie des entreprises en place consiste à racheter l’activité de ce concurrent. Par exemple, le groupe l’Oréal a procédé à l’acquisition de la société Sanoflore. Toutefois, dans cet exemple précis, ce rachat n’a pas été profitable pour l’Oréal. Bien que Sanoflore soit leader du cosmétique bio en France, les anciens clients de Sanoflore rechignent à se fournir en produits cosmétiques bio auprès de l’Oréal.
Toutes les sociétés ne disposant pas de capitaux suffisants pour faire l’acquisition de leurs concurrents, certaines ont acquis des parts sociales auprès de leurs concurrents. Le but de cette stratégie est de laisser l’entreprise concurrente se développer jusqu’à maturité commerciale et d’ensuite racheter progressivement ses parts sociales pour finalement en prendre le contrôle. Cette stratégie a notamment été appliquée par Clarin’s qui a acquis un nombre important de parts sociales auprès de la société Kibio.
Quel avenir pour les cosmétiques bio ?
La dernière stratégie consiste à adapter la production à la demande en intégrant le concept bio parallèlement à la gamme de produits existants. Autrement dit, étant donné le succès croissant du bio, certaines enseignes de cosmétiques se sont lancées dans le bio et ont ouvert de nouveaux départements pour concevoir ce genre de produit. C’est le cas de la marque bourgeois qui a créé une gamme de produits cosmétiques bio.
Le bio étant un argument qui fait vendre, il est important que la production de produits cosmétiques bio préserve le concept bio et par la même la confiance du consommateur. Actuellement, les produits bio sont produits de manière si industrielle qu’il est difficile de distinguer la différence entre un produit cosmétique classique et un produit cosmétique bio. Pour conserver la pureté du concept bio, il faudrait renforcer les normes qui donnent accès au label bio et mieux informer le consommateur de la différence entre les vrais labels et le simple logo du distributeur.
Pour certains il faudrait renforcer le cahier des charges et ainsi augmenter la teneur en produit bio et définir les produits et ingrédients qui donnent accès à l’appellation bio. Tout cela nécessite bien sûr des contrôles qualité qui dépassent le simple consommateur. Le but étant de protéger le consommateur pour éviter que le terme bio soit utilisé comme moyen de valoriser la production et donc comme argument de vente par les sociétés opportunistes.
Le magazine bio











Salon Vivre Nature Toulouse 2012