La production d’une pomme de terre OGM approuvée par l’UE
Contre toute attente, la Commission européenne a donné le feu vert concernant la commercialisation d’une pomme de terre transgénique. Ce produit génétiquement modifié pourra désormais être cultivé dans tous les pays membres de l’Union européenne. Toutefois, M. John Dalli, le commissaire européen en charge de la santé, tient à préciser que chaque pays sera libre d’interdire la culture de ce nouveau produit sur son territoire. Cette précision tente d’apaiser l’ampleur d’une décision plutôt mal perçue dans certains pays d’Europe, comme l’Italie, où les aliments OGM sont perçus comme néfastes pour l’homme et l’environnement.
Baptisée, Amflora, cette nouvelle pomme de terre OGM est le fruit de longues recherches effectuées par BASF, le laboratoire allemand spécialisé en chimie. Il a fallu à cette société treize ans pour obtenir l’aval de l’Union européenne sur la libre exploitation de son nouveau produit. Selon ses concepteurs, la crainte éprouvée par la majorité des Européens sur les éventuels impacts négatifs de cette pomme de terre ne semble pas justifiée. Cette pomme de terre OGM serait uniquement destinée à la fabrication de papier dans les industries suédoises et éventuellement à l’alimentation des animaux.
Pomme de terre OGM, des risques éventuels
L’Italie n’a pas tardé à réagir pour affirmer son désaccord concernant cette décision. En effet, la culture d’organismes génétiquement modifiés est formellement interdite sur le sol italien. Depuis 1998, une seule culture transgénique avait été autorisée par l’Union Européenne, il s’agit du MON 810, un maïs génétiquement modifié lancé par Monsanto. Cette autorisation vient refléter l’énorme travail de lobbying effectué dans la capitale européenne. Malgré l’avis de ces concepteurs, l’Amflora ne serait pas sans risque dans la mesure où elle comporterait un gène résistant aux antibiotiques.
La détection de ce marqueur inquiète au plus haut point les hautes instances sanitaires mondiales comme l’Organisation mondiale de la santé. Pour sa décision, la Commission européenne a pris en compte les recommandations de l’Agence européenne chargée de la sécurité alimentaire (AESA). Après analyse du dossier pendant plusieurs années, celle-ci a émis un avis favorable au lancement de ce produit transgénique. Malgré des promesses concernant un contrôle stricte au niveau de la production, ni la Commission européenne, ni l’AESA ne se montrent toutefois en mesure d’assurer que cette pomme de terre ne se retrouvera pas un jour dans les assiettes.
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