La production de la Terre ne suit pas la consommation humaine
Ce n’est certes pas encore la déclaration de la fin du monde, mais l’annonce faite dernièrement par l’ONG Global Footprint Network (GFN) pourra conduire certains, surtout ceux soucieux de l’environnement, à douter de l’avenir de la planète. Le GFN a en effet déclaré que l’humanité a épuisé son budget annuel de ressources naturelles le 21 août dernier, les humains étant ainsi obligés de vivre "à crédit" jusqu’au 31 décembre 2010.
Chaque année, l’ONG environnementale détermine l’« Earth Overshoot Day », signifiant littéralement le jour du dépassement, sur la base d’un calcul concentré sur le rapport entre la consommation de l’humanité en ressources naturelles et la production que la Terre est capable de fournir en un an. Si en 2009, le jour du dépassement a été atteint le 25 septembre, l’humanité a donc épuisé cette année le budget écologique en seulement 9 mois. Selon les dires de Mathis Wackernagel, président de GFN, l’organisme a reconsidéré la capacité de la Terre à se renouveler, notamment en matière de pâturages et de forêts.
Les hommes consomment 18 mois de ressources naturelles en un an
D’après ces données fournies par le GFN, les terriens devront donc laisser la planète renouveler ses ressources naturelles pendant au moins une année et 6 mois pour les consommer par la suite en douze mois. Le « dépassement écologique » a d’ailleurs été pratiqué par l’Homme depuis trente ans, ne pouvant plus se contenter de ce que la nature lui procure. L’empreinte écologique humaine est actuellement 50 % supérieure à la taille de la Terre confirme Mathis Wackernagel. Tel l’épuisement du budget familial, nous devons également nous inquiéter des conséquences de cette insuffisance budgétaire écologique sur la santé de notre planète.
Les stigmates des abus de l’Homme se font d’ailleurs déjà ressentir : réchauffement climatique, déforestation, sécheresse, inondations, famines, déclin de la biodiversité, etc. Les humains n’ont plus le droit de consommer à crédit les ressources naturelles. Même si les politiques déjà adoptées par plusieurs pays induisent une baisse des consommations d’énergie, notamment dans les pays occidentaux, l’initiative ne concerne pas encore l’ensemble de la population planétaire. Selon l’ONG, une inversion de la tendance en limitant la croissance démographique mondiale permettrait à la Terre de survivre. Une inversion encore incertaine, puisque ce sujet fait encore l’objet d’une vive polémique.
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